Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le site de la section de Vaires-sur-Marne du parti socialiste.

Publicité

Les Français ont besoin d'un rapport de confiance avec le prochain chef de l’État

François Hollande était l'invité de France Info jeudi 26 avril. Raphaëlle Duchemin et Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info, l'ont interrogé durant 20 minutes sur tous les enjeux politiques, économiques et internationaux de la campagne du second tour.
 

 

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Dans 10 jours, les Français voteront. Dans 10 jours, ils choisiront qui sera président de la République pour les 5 années à venir. On va peut-être commencer, si vous le voulez bien, par une question d’actualité, puisque les policiers ont manifesté, hier soir, les policiers venus de Seine- Saint-Denis, après la mise en examen pour homicide volontaire de l’un des leurs. Il poursuivait un malfaiteur évadé, il lui a tiré dessus, il dit avoir agi en légitime défense, après autopsie, il apparaît, qu’il a tiré dans le dos. Qu’est-ce que vous dites aux policiers qui étaient dans la rue hier soir ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je leur dis d’abord, que je sais qu’ils font un travail, très difficile. Et notamment, dans un certain nombre de quartiers de nos villes. Notamment en Seine-Saint-Denis. Travail qui peut les conduire, effectivement, à se mettre eux-mêmes en danger, lorsqu’ils poursuivent des malfaiteurs, qui sont prêts à tout! Donc je veux leur dire ma compréhension par rapport à leur colère, de voir des moyens réduits, de voir parfois des situations très difficiles à vivre. Et en même temps, il y a l’indépendance de la justice, elle est là ! Et personne ne peut la mettre en cause et encore moins celui qui se présente au suffrage des Français, pour être le prochain président de la République. Mais une mise en examen, dont je ne peux pas, aujourd’hui, dire si elle est justifiée ou pas ! C’est un seul magistrat qui en a pris la décision, ne signifie pas présomption de culpabilité. C’est une présomption d’innocence, qui demeure. Et ce que demandent ces policiers, qui doit être entendu, c’est une protection administrative. C'est-à-dire que lorsqu’il y a une mise en examen, le fonctionnaire concerné ne doit pas perdre son salaire, son traitement, et doit être défendu par l’administration.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Mais aujourd’hui, la politique s’en mêle, puisque Bruno BESCHIZZA, qui est un ancien policier, qui parle là, au nom de l’UMP, dit, clairement : le Tribunal de Bobigny et ses magistrats font une justice à charge contre les policiers ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je viens de rappeler les règles dans la République. On peut contester, commenter des décisions de justice. Mais le président de la République, celui qui peut demain l’être, doit affirmer l’indépendance de la justice. Cette décision, d’ailleurs, peut être elle-même, contestée juridiquement et elle le sera. Puisqu’il y a un recours possible lors d’une mise en examen, il peut y avoir donc une évolution de la procédure. Et je rappelle que mise en examen, n’est pas culpabilité, il n’y a pas de procès et donc, il y a présomption d’innocence. Mais les policiers, je ne parle pas de celui, qui est aujourd’hui à l’UMP, les policiers, les syndicats de police, unanimes d’ailleurs, demandent qu’il y ait de la part de l’administration, un soutien, une protection administrative, de façon à ce que ce policier puisse faire valoir ses droits et ne pas se retrouver dans une situation d’abandon.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Alors François HOLLANDE, venons-en à la campagne. François BAYROU vous a écrit, hier, dans une lettre où il pose certaines conditions. Dans un premier temps, il dit aussi, que Nicolas SARKOZY valide les thèses du Front national. Alors est-ce que vous avez l’impression qu’il fait un petit chemin vers vous, François BAYROU ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Non, moi, je ne veux pas donner cette interprétation. Je crois qu’il a compris que l’attitude de Nicolas SARKOZY, depuis le premier tour de l’élection présidentielle est une fuite en avant. Une vraie fuite en avant. C'est-à-dire une espèce de courses, derrière les thèses et les mots du Front national. Et qu’il y a effectivement, des limites à poser autant s’adresser aux électeurs, c’est le rôle de tout candidat, et en faisant en sorte que chaque électeur puisse être pleinement représenté, lorsqu’il s’agit d’un vote de second tour pour être emmené vers une élévation de ce qu’est la République. Et non pas, un repli ou un rejet, ou encore moins une haine de l’autre. Et donc il y a, effectivement, de la part de Nicolas SARKOZY, une transgression et je la constate comme François BAYROU, qui la mène d’ailleurs au mensonge, puisqu’il veut faire de l’immigration le seul sujet de cette élection présidentielle. Alors que j’entendais que les Français, à travers des enquêtes d’opinions, disaient : mais non, nous, nous voulons d’abord, nous ne nions pas qu’il y a des sujets sur l’immigration, mais nous voulons d’abord mettre l’accent sur l’emploi, sur le pouvoir d’achat. Mais j’y reviens sur les mensonges, parce qu’ils sont graves. J’ai entendu Nicolas SARKOZY...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

On va y venir justement, on va revenir aux questions économiques....

 

*FRANÇOIS HOLLANDE

Hier soir, à la télévision, dire que je voulais régulariser tous les sans-papiers ! Je ne cesse de dire le contraire. Et je dis le cas par cas...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Il dit que le cas par cas, ça revient à la même chose...

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Mais non, il dit le cas par cas, c’est la même chose. Mais c’est ce qui se passe aujourd’hui, le cas par cas ! Donc ça voudrait dire, qu’on aurait régularisé tous les sans papiers depuis 10 ans ! Il y en a 30 000 qui sont régularisés par an. Mensonge, premier, de Nicolas SARKOZY sur le fait que je...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Il dit également que vous bénéficiez...

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je voudrais régulariser tous les sans papiers, alors que je veux régulariser au cas par cas, sur la base de critères qui seraient les mêmes dans toutes les préfectures. Premier mensonge. Deuxième mensonge, voilà que je serais soutenu par Tariq RAMADAN, citoyen suisse qui défend les thèses, qui sont les plus contestables que vous connaissez. Il n’a jamais prononcé mon nom, ce Tariq RAMADAN, il ne vote pas en France et je n’ai même pas à me justifier, quand un individu peut dire qu’il n’aime pas le pouvoir sortant. Ca n’a rien à voir.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Mais il a dit..

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Et là, encore il a cité...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Il a dit qu’il appelait à voter contre le pouvoir.

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Il a cité Tariq RAMADAN comme ayant appelé à voter pour moi. Ce qui est faux, et ce qui est en plus faux, c’est que moi-même, je n’ai rien à voir avec ces thèses-là. Donc amalgame, mensonge, comment l’admettre d’un candidat président sortant. Troisième mensonge, voilà qu’il dit, à la télévision, heure de grande écoute, 20 heures, que je serais soutenu par 700 mosquées et il a fallu le Centre du Culte Musulman qui regroupe effectivement tous les lieux de cultes et les orientations du culte musulman, disent qu’il n’y avait jamais eu ces appels. Donc quand on est dans l’amalgame, dans la confusion, je ne veux pas ici, en faire un litige parce que les Français méritent mieux. Mais ça en dit long sur la dérive de Nicolas SARKOZY.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Avant d’en venir aux questions d’emploi, et aux questions d’Europe, François HOLLANDE, on voudrait s’arrêter un instant sur le Front national dont parlait tout à l’heure, Marie-Eve MALOUINES. Avec ce qu’a dit notamment Henri GUAINO. Il dit : que Marine LE PEN a d’une certaine manière un intérêt dans la défaite de Nicolas SARKOZY. Alors est-ce que c’est une manière aussi, de vous favoriser ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Enfin, c’est assez contradictoire, ce que disent les proches de Nicolas SARKOZY. D’un côté, on recherche autant qu’il est possible le soutien, direct ou indirect. Et de l’autre laisse penser que le Front national voudrait leur défaite. Enfin, qu’ils choisissent. Moi, ce que je fais, c’est dénoncer les thèses du Front national, et je ne cesserai de le faire. Contester ce parti, non pas pour son droit à se présenter devant le suffrage. Mais le contester par rapport aux propositions qu’il peut faire. Regretter qu’il y ait des électeurs qui se soient laissés aller parfois, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les thèses du Front national. Mais par colère, par volonté de manifester une condamnation d’un système, par défiance à l’égard de l’Europe, il y a pleins de sujets qui, à un moment, peuvent conduire des électeurs à aller faire ce choix, hélas pour exprimer leurs frustrations. Mais je trouve qu’à chaque fois, on va bientôt nous dire, que si nous gagnons l’élection présidentielle, ce serait parce que le Front national l’aurait permis !? Ce sont les électeurs qui vont décider. Ce sont les Français. Le vote qui va être exprimé, dimanche 6 mai, ce n’est pas le vote d’une organisation politique, ce sont les votes des Français qui vont choisir leur destin, de leur prochain président.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Et vous les convaincrez avec quels arguments ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Et je les convaincrais avec mon projet. Je ne vais pas le modifier en cours de route ! Je ne vais pas dire : Voilà, il y a eu un premier tour, j’enlève telle ou telle proposition et puis j’en rajoute une autre, ça, ça je laisse ça au candidat sortant, qui est dans une espèce d’affolement, parce qu’il sent bien que le sol se dérobe sous ses pas. Mais moi, j’essaie d’avoir la constance, la cohérence, pour avoir la confiance.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Alors on en revient à la lettre de François BAYROU, qui vous dit à tous les deux, en matière de réduction des déficits, ce n’est pas ça, vous misez sur une croissance improbable. Et ce qu’il faut, c’est l’application de la règle d’or. Alors qu’est-ce que vous lui dites, ce matin ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je dis ce que j’ai rappelé, à plusieurs reprises. C’est que je ferais voter une loi de programmation des finances publiques, je lui donnerai un caractère de loi organique, pour qu’elle soit supérieure à la loi. Je ne modifierai pas la Constitution. On ne peut pas intégrer dans la constitution des objectifs chiffrés, pour la prochaine période, j’ai indiqué que c’est à la fin de 2017, qu’il y aura l’équilibre de nos comptes publics. Et enfin, je pense que nous pouvons, si l’Europe est réorientée, j’en fais la proposition et j’en ferais l’exigence auprès de nos partenaires, retrouver des marges de croissance, en ajoutant, en modifiant le traité, pour y ajouter une dimension de croissance, dans les disciplines nécessaires sur le plan budgétaire

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Alors est-ce que vous rejoignez Mario DRAGHI ? Parce qu’hier, tous les socialistes ont dit : ah ! Super ! Le président de la BCE parle de pacte de croissance, il est d’accord avec nous. Mais il a fait savoir, que ça n’enlevait pas ses propos sur une discipline budgétaire extrêmement rigoureuse, pas suffisante de votre côté apparemment. Et donc, est-ce que, qu’est-ce que vous lui dites ? On va s’entendre, c’est la même rigueur budgétaire ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Non, ce que j’ai relevé dans les propos de Mario DRAGHI, qui est président de la Banque Centrale Européenne, ce n’était pas un chef de gouvernement, un chef d’Etat, avec lequel j’aurais à négocier. Ce que j’ai relevé...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Il faudra vous entendre avec lui ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Travailler avec lui, dialoguer avec lui, vous savez que ce n’est pas si simple. La Banque Centrale Européenne est très attachée à son indépendance. Mais ce que je relevais, c’est qu’il prenait, lui-même, par sa prise de parole, conscience que nous ne pourrions pas atteindre les objectifs de réduction des déficits et de maîtrise des dettes, s’il n’y avait pas de la croissance et donc il parlait lui-même, d’un pacte de croissance, et il suggérait même...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Oui, mais il dit : ce n’est pas le même pacte de croissance ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Et il suggérait même, de revenir en arrière, par rapport au pacte budgétaire. Mais vous avez raison, Raphaëlle DUCHEMIN, il ne met pas dans les éléments de politique de croissance, les mêmes que les miens. Il peut y ajouter, lui, des éléments de concurrence encore plus fortes, de libéralisation, voire de privatisation. Je n’ai pas la même conception de la croissance. Mais c’est l’objectif, en l’occurrence, il avait compris, le président de la Banque Centrale européenne, il n’est pas le seul, plusieurs chefs de gouvernement, même conservateur, finissent par l’admettre, et je sens qu’il y a aujourd’hui, une très grande évolution des esprits. Regardez ce qui a été dit, il y a 3 mois, ce qui est dit aujourd’hui, y compris par les experts : la croissance, elle est, non seulement nécessaire, mais elle est possible à condition que l’Europe fasse un nouveau signe et mobilise des fonds qui existent déjà pour une part et d’autres qui doivent être recrées à travers les Eurobonds et à travers une taxe sur les transactions financières.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Alors on en revient à François BAYROU. S’il penche en votre faveur, il pourrait y avoir des ministres MoDem ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Il y a d’abord d’autres éléments dans la lettre de François BAYROU, que je veux commenter devant vous. D’abord, il y a le modèle social, il rappelle et il a raison, le programme du Conseil National de la Résistance, qui nous fait obligation, encore aujourd’hui, plus de 60 ans après, parce qu’il y avait là, les principes d’une protection sociale, de l’accès pour tous à la santé, du droit à la retraite, même si des réformes sont nécessaires, donc si nous voulons garder notre modèle social, nous devrons le réformer, l’améliorer pour certains points...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Mais là, là-dessus, il n’y a pas de clivage. Nicolas SARKOZY dit la même chose.

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je pense que sur le Conseil National de la Résistance, et sur ce qu’il avait indiqué comme élément fondateur, pas sûr que Nicolas SARKOZY s’y retrouve. Mais qu’importe ! Moi, je donne mon point de vue. Le deuxième point...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Vous pensez qu’il y a plus finalement, de points de rapprochement entre votre projet et celui de François BAYROU qu’avec Nicolas SARKOZY ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Il y a en tout cas, un objectif qu’on n’a pas forcément sur les moyens d’ailleurs, j’en conviens, il y a une différence avec François BAYROU, mais sur l’objectif, de faire une réforme de l’Education, de faire en sorte que nous puissions y mettre davantage de moyens. J’entendais le candidat du MoDem avoir aussi, cette ambition-là, même s’il voulait de la rigueur budgétaire, il convenait que dans l’éducation, il y avait nécessité de sanctuariser. Mais en même temps de faire des réformes. Enfin, il y a un dernier point, sur lequel, moi, je serais très ferme, qui est la moralisation de la vie politique. La limitation du cumule des mandats, nous parlions de l’indépendance de la justice, le comportement de l’Etat, l’exemplarité de l’Etat. Donc je ferais voter une loi, enfin le Parlement en décidera, qui intègrera tous ces points y compris la parité que je montrerai dès l’entrée en fonction, à travers un gouvernement qui sera ainsi composé. François BAYROU propose un référendum, le référendum ne sera en définitive décidé que s’il n’y a pas une majorité qui s’est dégagée au Parlement. S’il y a une majorité, nous ferons voter ce texte, il n’y aura pas besoin de référendum, s’il n’y a pas de majorité, parce qu’il y aurait un blocage, parce qu’il faudra sans doute une majorité des 3/5ème, puisqu’il s’agit de réviser la Constitution, alors, nous prendrions ce chemin de consultations des Français.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Puisque vous parlez de moralisation de la vie politique, vous voulez incarner François HOLLANDE, le thème de la République exemplaire. Vous le dites souvent. Nicolas SARKOZY vous a répondu, au micro de FRANCE INFO, hier matin, Dominique STRAUSS-KAHN, affaire GUERINI dans les Bouches-du-Rhône, affaire de la Fédération du Nord, du Parti socialiste, vous étiez à l’époque premier secrétaire de 97 à 2008...

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Là, encore, Nicolas SARKOZY ou ne connait pas la réalité, ou a fait preuve de mensonge, ce qui est toujours regrettable. Je l’ai dit. Pendant toute la période où j’ai été premier secrétaire, j’y suis resté 11 ans, il n’y a aucune procédure judiciaire, aucune concernant les 3 fédérations dont il a parlé. Et encore aujourd’hui, il n’y en a aucune. Il peut y avoir des mises en cause d’élus. Vous avez évoqué, monsieur GUERINI...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Sur des faits passés.

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Non, non, sur des faits actuels, qui ne concerne pas du tout la fédération, mais la gestion de leurs collectivités. Ça peut arriver. Mais on verra ce que donne la justice! Moi, j’ai un principe, que je ferais respecter : indépendance de la justice. Tout élu qui sera condamné pour des faits de corruption, ne pourra plus se présenter au suffrage avant 10 ans. Ça concernera tous ceux qui sont éventuellement dans ces procédures. Il n’y aura pas de protection. Je ne demanderai pas au Parquet, comme l’a fait Nicolas SARKOZY, de faire recours, quand il y a une gêne par rapport à un ancien trésorier de sa propre campagne. Je ne ferais pas barrage par rapport à des procédures. Et je changerai même, le statut pénal du chef de l’Etat. Pour que si quoi que ce soit, pouvait m’être reproché, on ne sait jamais ! Sur ma gestion de premier secrétaire du Parti socialiste...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Vous seriez entendu, pendant l’exercice...

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Exactement !

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

De votre mandat.

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Donc vous voyez, je vais jusqu’au bout, je considère qu’un président entrant en fonction, doit être responsable des faits qui ont pu être commis avant le choix des Français, pour l’élire président de la République. Il doit être un citoyen comme les autres.

 

MARIE-EVE MALOUINES

Mais s’il y a un statut pénal spécial du chef de l’Etat, c’est aussi pour qu’il puisse se comporter en chef d’Etat et ne soit pas poursuivi par des plaintes successives, avec éventuellement des adversaires qui multiplient les plaintes ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Mais quand il y a des procédures qui concernent des faits qui étaient antérieurs à sa prise de responsabilités, c’est tout à fait normal, qu’il soit entendu. Entendu même, ça ne veut pas dire mise en examen et a fortiori condamné, entendu comme témoin. Aujourd’hui, vous savez, qu’un chef de l’Etat ne peut même pas être entendu comme témoin, dans une procédure. Ce qui n’est pas du tout normal ! Nicolas SARKOZY y a échappé, moi, je n’y échapperai pas.

 

MARIE-EVE MALOUINES

Et ce sera à quelle échéance ? Au début du quinquennat ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je le ferais voter dans cette loi, de la moralisation de la vie politique.

 

MARIE-EVE MALOUINES

Eventuellement par référendum ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Si le Parlement ne donnait pas une majorité.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Il 8 heures 26, François HOLLANDE, il nous reste 4 minutes d’entretien. Où est-ce que vous serez le 1er mai ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Le 1er mai, j’ai une cérémonie à laquelle je voulais me rendre, qui était hélas l’anniversaire de la mort de Pierre BEREGOVOY qui s’est, vous le savez, a mis fin à ses jours un 1er mai 1993. J’y serais. Le 1er mai, c’est la fête des travailleurs, ce sont les organisations syndicales, ça se fait partout dans le monde, qui décident de cette journée. Et je ne considère pas que les politiques doivent interférer, même en campagne présidentielle, j’aurais pu faire un meeting, ça s’était fait d’ailleurs en 2007, Ségolène ROYAL en avait fait un, mais ça n’avait rien à voir, avec la fête du travail, en tant que telle. Donc j’ai regretté que Nicolas SARKOZY en fasse, un instrument, là encore, de conflit. Il s’est encore lui-même déjugé. C’est quand même effrayant, d’entendre un candidat dire en deux jours, le contraire, de ce qu’il avait proclamé. Il s’était dit, candidat du vrai travail, enfin, une manifestation pour le vrai travail et hier, toujours à la télévision, il dit qu’il n’avait jamais dit, qu’il était pour le vrai travail.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Il a évolué dans le bon sens ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Ecoutez, franchement, la contradiction, ça suffit ! Nous l’avons vécue pendant 5 ans, nous la voyons encore pendant toute cette campagne, je pense que les Français ont besoin de normalité, de simplicité, d’exemplarité, de cohérence. On parlait tout à l’heure, vous aviez raison de m’interroger là-dessus, sur police/justice. Nous devons, je l’ai dit, respecter les policiers pour leur travail, respecter l’indépendance de la justice et ne pas opposer police et justice. Ca vaut pour tous les domaines. Nous ne devons pas opposer les vrais travailleurs au faux travailleurs, les salariés du privé avec les salariés du public, les Français de souche, avec les Français d’intégration plus récente.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Alors ce qui intéresse les Français, c’est aussi, le chômage. Vous avez dit qu’avec vous, la courbe du chômage s’inverserait. Mais à quelle échéance ? Parce que si c’est dans 10 ans, c’est un peu tard. Donc est-ce que ce sera...

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Si c’est dans 10 ans, je ne serais plus dans la situation que...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Alors est-ce que c’est une question de mois ou d’année ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Oui, ça doit aller vite, parce que les Français ne peuvent plus attendre. La croissance, elle mettra du temps à revenir.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Donc avant fin 2012 ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je pense qu’il ne faut pas donner d’objectif. Disons d’ici la première année, nous devrions commencer à inverser, par des mesures de traitement social, et des mesures de traitement économique. Les deux ! Et c’est la raison pour laquelle j’ai proposé le contrat de génération, les emplois d’avenir...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Ca va suffire ? Ca va suffire pour aller vite, ce sont des mesures d’urgence ou des petits sparadraps ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Et en même temps, des soutiens immédiats aux PME, immédiatement aux PME, qui ont besoin d’accéder aux crédits. C’est très difficile aujourd’hui, et c’est un risque de récession pour toute l’Europe si le système bancaire n’est pas suffisamment présent pour accompagner les PME...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Mais vous pouvez le contraindre à accompagner les PME...

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Oui, ça serait la réforme bancaire que je proposerai. Et la création de la Banque Publique d’investissement qui soutiendra les projets des entreprises de taille intermédiaire. Et enfin, j’ai une mesure de relance immédiate et qui ne mettra pas en danger notre balance commerciale, pas davantage nos comptes publics, ce sont des mesures en faveur du logement. Puisque je doublerai le plafond du Livret de CAISSE d'EPARGNE donc ça ne coûte pas un sou aux contribuables. Et cet apport de fonds permettra de financer davantage de logements sociaux et en plus, je libèrerai les terrains de l’Etat pour qu’il y ait davantage de construction dans nos centres villes.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

D’un mot, il nous reste 30 secondes. Vous avez parlé d’un coup de pouce au SMIC, les fonctionnaires réclament eux, la fin du gel du point d’indice. Est-ce que vous allez envoyer un signal ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Il y aura une négociation, je l’ai dit, à la fois pour le SMIC à travers une conférence sociale et avec l’ensemble des organisations de fonctionnaires. Où nous aurons à regarder...

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Fin du gel ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Où nous aurons à regarder tous les aspects, à la fois les effectifs, et les traitements. C’est difficile de faire tout à la fois. Chacun devra comprendre qu’il y a des priorités.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

François HOLLANDE une dernière question, vos adversaires, qu’ils soient de droite ou de gauche, doutent parfois de votre caractère pour assumer la charge de chef de l’Etat. Franchement, est-ce que vous vous sentez de taille ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Je peux comprendre la question. Ça sera aux Français d’en décider. Moi, j’ai fait mon parcours politique, avec cette constance et cette cohérence.

 

RAPHAËLLE DUCHEMIN

Et cette conviction ?

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Et le caractère, je le démontrerai, je l’ai déjà démontré, et je sais en tout cas, ce que je ne serais pas. C'est-à-dire le président qui a exercé la fonction pendant 5 ans, et qui a montré beaucoup de contradictions. Je pense que les Français ont besoin d’une relation différente, avec le prochain chef de l’Etat. Une relation de respect. Ce qui suppose que lui- même soit dans une relation de proximité et de considération à l’égard des Français. Voilà le changement ! Maintenant, sur les caractères, c’est dans les épreuves qu’on les évalue. Et pour l’instant, l’épreuve, c’est l’élection présidentielle.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article