Le site de la section de Vaires-sur-Marne du parti socialiste.
Le Conseil des ministres a adopté hier un décret organisant la tutelle des préfets sur les directions régionales de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME). Ce décret, qui suscite une vive hostilité de tous les acteurs et des spécialistes, adopté dans l’urgence par un gouvernement déjà disqualifié, est un mauvais coup à la démocratie et à la politique de maîtrise de la demande énergétique.
Sur la forme, il est tout à fait extravagant qu’un décret portant sur la mise en œuvre des politiques publiques de l’environnement, de l’énergie et du développement durable, puisse être adopté en l’absence d’un Ministre de l’environnement puisque la précédente titulaire du titre est désormais porte-parole du candidat sortant et n’a pas été remplacée.
Sur le fond, ce décret opère une reconcentration des pouvoirs au profit des préfets – qui seront à la fois juge et partie – une véritable étatisation de l’ADEME, là où précisément son statut d’EPIC, son autonomie, lui permettaient d’intervenir efficacement, de se faire force de propositions et précurseur dans des domaines où l’innovation occupe un place prépondérante et où la réactivité est indispensable.
Il est toujours troublant de constater le double langage de l’UMP qui tout à la fois dénonce le pouvoir administratif mais ne tolère pas les structures indépendantes.
Après avoir dégradé ses conditions d’intervention en diminuant son budget et en réduisant ses effectifs, le gouvernement s’apprête donc à retirer à l’ADEME son autonomie. L’impérative transition énergétique et écologique que notre pays doit engager nécessite, au contraire de ce qui est envisagé, d’accentuer la décentralisation en renforçant les prérogatives des régions et des agences régionales de l’ADEME.
Avec François Hollande c’est une véritable politique de lutte contre la précarité énergétique et d’efficacité qui sera mise en place avec la rénovation d’un million de logements dont 600 000 anciens par an pendant 5 ans.
Par Laurence Rossignol, Marie-Hélène Aubert et François Brottes.